lundi 2 février 2009

La gauche pleurniche, la droite se frotte les mains

Actuellement, la gauche ne sait faire qu'une chose : se lamenter.
Au lieu de construire une alternative crédible pour 2012, les partis de gauche se cantonnent à une obstruction systématique sans beaucoup d'effets, un chahut stérile. De véritables gamins.
Pendant ce temps, M. Sarkozy ne peut que se réjouir en se mirant après-rasage, puisque ses ennemis déclarés sont en train de préparer sa réélection. Pour être moins catégorique, on parlera de celle de la droite, mais je pense personnellement que Sakozy possède les ressources nécessaires pour encore vaincre à droite.
Sa grande victoire reste pour l'instant d'avoir écrasé, laminé, détruit le Parti Socialiste. Ce dernier, désorienté et complètement pris de vitesse par notre Napoléon du 21ème siècle n'a pu que se résigner à faire de l'anti-sarkozysme et de l'anti-libéralisme primaire. Gangréné par l'extrême gauche, à qui il pense devoir sa défaite de 2002, et dont il adopte en conséquence les méthodes néfastes, le PS reste le laquais du marxisme et de la bien-pensance. Sans l'arrivée inopinée et temporairement salvatrice de Ségolène Royal, on peut même imaginer qu'il se serait fait encore une fois exclure du second tour par François Bayrou, nous soumettant une seconde absence d'affilée dans le duel présidentiel final.

L'aggiornamento est le seul remède possible, et souhaitable. Le social-libéralisme plutôt que la "résistance", finalement docile et totalement improductive. Toute récupération, référence ou simplement tropisme vers les idées venues des excités marxistes et assimilés (lutte des classes, contre les inégalités, anti-libéralisme, démocratie populaire absolue, mouvements sociaux), doivent être bannis d'un parti qui prétend prendre un jour le pouvoir.
Lionel Jospin proposait en 2005, dans un livre dont j'ai récemment fait la lecture, de rompre avec les "gauchistes", et notait à ce propos que « le jeu démocratique loyal veut qu'on aille se battre sur tout le terrain, non qu'on reste assis dans les tribunes pour siffler les joueurs ». J'ajouterais qu'il ne s'agit pas d'être loyal, mais d'accéder aux fonctions électives !

Siffler les joueurs sans s'impliquer, c'est ce que fait le PS aujourd'hui. Le contre-plan de relance foireux et anachronique de Martine Aubry ne fait pas illusion une seconde. Les socialistes n'ont aujourd'hui rien à proposer, leur parti est une coquille vide. Pour le plus grand malheur de la démocratie française qui, franchement, n'est pas très belle à voir.

12 commentaires:

LOmiG a dit…

d'accord avec toi.

on en est loin. Le libéralisme a mauvaise presse (c'est le cas de le dire) y compris à droite.

à bientôt

Jacques a dit…

Ah l'impétuosité et la véhémence de la jeunesse....

"le PS reste le laquais du marxisme et de la bien-pensance."
C'est en amphi de "science politique" qu'on vous a appris à la fac d'Aix cette belle maxime ???

"Le contre-plan de relance foireux et anachronique de Martine Aubry ne fait pas illusion une seconde."
Ce sont vos compétences de droit public qui vous permettent de faire une telle affirmation ???
Vos études ne vous ont-elles pas appris qu'il ne faut jamais affirmer sans preuve ?

Vous avez l'air de considérer la luttte des classes comme dépassée et obsolète.
Je vous renvoie au Journal Le Monde, vous le trouverez bien à votre BU:

La lutte des classes n'est pas morte, par François Galichet
François Galichet est professeur émérite à l'université Marc-Bloch de Strasbourg.


Article paru dans l'édition du 31.01.09.

jf.

peuples a dit…

merci pour les deux visiteurs que tu m'as envoyé aujourd'hui, freelance

Paul Guignard a dit…

@ Lomig : effectivement, il faudrait remplacer le mot libéral par autre chose peut être ? :-S

@ Jacques : à la faculté de droit, on apprend le droit positif, rien à voir avec la politique politicienne. Mes remarques sont issues de ma réflexion personnelle (journaux, blogs, essais)
Pour le plan de M. Aubry, j'ai quelques compétences en économie qui me font dire que la relance par la demande est une fois de plus vouée à l'échec. Je ne suis pas le seul à le dire, d'autres l'expliquent (et le comprennent) bien mieux que moi.
Merci pour le lien, c'est intéressant, mais je ne suis pas vraiment d'accord.

@ Peuples : de rien, à charge de revanche !

Gaël a dit…

Salutations au tenancier de ce blog.

Vous pourrez avec interet jetter un oeil au c dans l'air du lundi 2 fevrier (http://www.france5.fr/c-dans-l-air/index-fr.php?page=resume&id_rubrique=1079).

Actuellement on a tendance a operer la division suivante concernant les plans de relance : gauche/conso. droite/investissement, je trouve cela assez croustillant en fait :) Ca m'a piquer un peu pendant un moment, l'inverse m'aurait paru plus logique^^

Et globalement les deux plans de relance ump et ps sont assez identiques, semblerait qu'il s'agisse que d'une question de volume. Le plan de relance de la droite... est petrie d'idee de gauches. (je reviendrai sur ce point en detail sous peu).

La gauche (quelle gauche d'ailleurs ? je parle en general d'une gauche reformatrice et non revolutionnaire mais voyons la ici comme un tout) si elle ne dispose pas d'un brevet de bonnes idees a tres largement inspiree la droite, et on peut dire je pense que la gauche a au final gagner : des idees pour lesquelles elle s'etait battu sont desormais un acquis, un langage commun utiliser aussi par la droite.

Bon au pourrait dire que ca nous fait pas avancer le schmilbick, mais il semblerait (et je ne suis pas economiste) qu'en temps de crise, l'intervention au niveau etatique soit une necessite, qu'on le veuille ou non. Que le systeme capitaliste ne s'autoregule finalement pas.

Et je parlai d'intervention etatique mais l'echelon europeen aurait ete interessant en terme de synergie s'il eut ete seulement envisager par quelqu'un d'autre de le Modem. Mais le choix du local qui a ete fait (et qui n'est pas contradictoire) est tres interessant et denote, et je retiendrai finalement cela de l'emission dont je vous parlai au debut, de l'evolution suivante de la mondialisation, la regionalisation.

Paul Guignard a dit…

"Et globalement les deux plans de relance UMP et PS sont assez identiques, semblerait qu'il s'agisse que d'une question de volume".

Absolument. Je n'ai pas défendu le plan de l'UMP, j'ai dit que celui du PS n'apportait rien du tout. La seule chose qu'ils proposent est de dépenser encore plus d'argent public (qui tombe du ciel comme nous le savons tous) pour le mettre un peu partout dans l'économie, là où ça leur chante.

Globalement d'accord avec toi, la France est très "gauchisée". C'est pour cela que je ne comprend pas très bien pourquoi le PS cherche à se radicaliser encore plus. Il ne fait pas bon flirter avec les extrémistes, ce petit calcul électoral va leur coûter très cher au final.

Première réunion du nouveau secrétariat national du PS : Benoît Hamon propose de rétablir l'autorisation administrative de licenciement. Ça ne m'étonnerais pas qu'il y ait un poster de Mao dans sa chambre à lui.
Les gauchistes = à la porte, coup de pied au cul si nécessaire.

jacques a dit…

Je ne vois pas trop le rapport entre un poster de Mao et l'autorisation administrative de licienciement.....
Si cette autorisation a été supprimée en 1986, elle avait été crée par la Loi N°75.5 du 3 janvier 1975.
Mao était certes encore au pouvoir en Chine, mais en France...ce n'était pas la gauche qui a inventé cette loi.....

jf.

Paul Guignard a dit…

@ Jacques : il n'y a pas de rapport direct. Je veux juste dire que certaines personnes ne sont pas très en phase avec la réalité, vivent dans le passé.

Jacques a dit…

"Pour le plan de M. Aubry, j'ai quelques compétences en économie qui me font dire que la relance par la demande est une fois de plus vouée à l'échec. Je ne suis pas le seul à le dire, d'autres l'expliquent (et le comprennent) bien mieux que moi." écrivez-vous....

Vous semblez donc ignorer que tous les autres plans de relance ont un volet "pouvoir d'achat".
A commencer par celui d'OBAMA qui a promis de baisser les impôts de mille dollars pour 95% des contribuables américains.....
Vous semblez ignorer également que le FMI (sans doute un ramassis d'économistes de bas étage) a recommandé, dans une Note du 28 Décembre dernier,
de "soutenir le pouvoir d'achat des ménages à revenu modeste".

jf.

Paul Guignard a dit…

Comme l'a souligné Gaël, il y a deux types de plans de relance, par l'offre et par la demande.
Politique de l'offre = on donne plus de moyens pour créer de la richesse en diminuant l'intervention de l'État. Moins d'impôts, moins de contraintes sur les entreprises. C'est plutôt libéral.
Politique keynésienne = on considère que la demande est le moteur de la croissance, on distribue de l'argent créé par l'État aux ménages pour qu'ils consomment davantage, et encouragent la croissance.
Dans le cadre de la mondialisation libérale, les plans d'inspiration keynésienne me semblent anachroniques et voués à l'échec. Est-ce que la croissance française est relancée si avec l'argent distribué aux ménages ceux-ci achètent des produits étrangers ?
C'est pour cela que je pense que pour faire face à la crise, il faut plus de libéralisme.

Gael a dit…

Je precise ma pensee.

1) L'argent distribue par l'Etat peut s'inscrire dans une politique d'investissement structurels , de "grands travaux" si l'on veut : cet "argent" ne va pas forcement directement dans la poche des menages (d'ailleurs les menages ont ils des poches ?) mais peut servir dans des projets qui par ricochet creeront par la suite des emplois/de la richesse... sur le court terme (emplois directs mais souvent temporaires sur ledit chantier), moyen terme (emplois liees au tourisme, et dans ce cas ce sont des capitaux etrangers qui viennent en france) long terme (la recherche).

2) //Comme l'a souligné Gaël, il y a deux types de plans de relance, par l'offre et par la demande.// Quand je pointe la distinction gauche plan de relance par la consommation et droite plan de relance par l'investissement (operee par les medias francais qui me permettent de suivre l'actualite depuis l'etranger), c'est pour noter que les plans sont fondamentalement plus ou moins les memes si l'on arrete de se focaliser sur une mesure seulement. Un plan de relance par la consommation c'est quoi , un plan dont 51% des mesures visent la consommation ??? Ces distinctions m'ont l'air un peu artificielles mais encore une fois je ne suis pas economiste mon propos est donc a relativiser.

3) Ensuite merci de definir Paul, parce que je garde toujours cet eternel probleme depuis l'epoque lointaine a present du lycee : mais enfin c'est l'offre de quoi et la demande de quoi dont on parle ? Ces mots sont a double sens. ex : la demande de travail, en periode de chomage (et dans un secteur donne) elle est du cote des travailleurs, mais a l'inverse le demandeur d'emploi est parfois l'entreprise.

4) Je suppose donc que pour toi une politique par la demande est une politique Keynesienne. Je parlai de relance par l'investissement j'attend de voir si tu opere une confusion entre els deux avant de me prononcer.

5) //Dans le cadre de la mondialisation libérale, les plans d'inspiration keynésienne me semblent anachroniques et voués à l'échec.// D'accord sur le fait que donner de l'argent aux banques n'etait peut etre pas necessaire meme en ce qui concerne le bon fonctionnement du systeme de credit et de la surface financiere dont elles disposent sur le marche. En ce sens on pourrait donc dire qu'il s'agit la de faire preuve d'un liberalisme de responsabilite : tu casse, tu paie. Les banques quand bien se sont elles prit une bonnes baffes auraient pu continuer a fonctionner. Et on aurait eviter les imcomprehensibles explications qui ont du etre donnees du style : non vraiment on a plus du tout d'argent pour les banlieues, la recherche, l'ecole... a mais en fait si pour les banques qui degagent des profits ont en a.

Les gens ne sont pas bete mais tenter d'expliquer ca alors que l'on a donne de l'argent sans contrepartie c'est juste se tirer une balle dans le pied.

6) //Est-ce que la croissance française est relancée si avec l'argent distribué aux ménages ceux-ci achètent des produits étrangers ?// Mais nous sommes desormais, un petit pays Paul dont la principale ressource est le tourisme. N'oublions pas ca. Ensuite je trouve cette remarque etrange de la part d'un liberal : le protectionnisme ne m'avait pas l'air de faire partie de la panoplie. Pensons en terme de flux...

7) //C'est pour cela que je pense que pour faire face à la crise, il faut plus de libéralisme.// Encore une fois tout depend de ce que tu entend par liberalisme et Keynesiens. Le liberalisme c'est comme le socialisme amuse toi a le definir... liberalisme eco ? Politique ? Je pense personnelement que le liberalisme implique une responsabilite : tu prend des risques pour faire du profit (ce qui n'est aps un mal en soi) assume les. Et je ne parle pas la de moraliser le capitalisme qui est amoral par principe si l'on envisage sous un angle economique. Simplement l'idee de prise de risque implique celle de responsabilitee. Mais lorsque l'on parle des banques par exemple il n'est pas du tout question d'avoir un systeme de concurrence pure et parfaite... sinon l'on aurait des banques qui disparaitraient ect...

Precise donc bien quelle vision tu as du liberalisme Paul, certains ici pourraient etre surpris^^

A mon sens si l'on entend par cette phrase laissons faire le systeme il s'autoregulera bien au final, je pense clairement que non et c'est bien pour ca que la plupart des dirigeants de droite sont en train de bouffer leur chapeau a appliquer des methodes (intervention etatique) qu'ils reniaient il y a peu. Mais je pense pas que ce soit ton propos :)

Paul Guignard a dit…

Gaël, tu t'es lâché ;-)
Répondons point par point :

1) Bien que n'étant pas très keynésien, je trouve la "politique des grands travaux" assez séduisante. En tant de crise, lorsque le marché laisse certains sans emploi, il est dommage de gaspiller leur force de travail. Alors effectivement, pourquoi ne pas les faire œuvrer à la construction d'ouvrages publics. Le problème étant que lorsqu'on a créé des emplois publics, il est en général difficile de s'en débarrasser après la crise.

2) Politique de l'offre ou de la demande ne correspond pas à un clivage gauche/droite, mais plutôt keynésiens/libéraux.

3) J'expliquerai la distinction de la façon suivante. Considérer qu'il faut relancer "par la demande" consiste à dire : "on va donner de l'argent créé artificiellement (par l'État ou par les banques) aux gens, et tout cet argent qui devra être dépensé va doper l'économie".
A l'inverse, privilégier l'offre, c'est dire : "il faut encourager les entrepreneurs à innover et à produire de la richesse en réduisant les charges et les législations qui pèsent sur eux".
C'est une vulgarisation scandaleuse, mais pour des considération plus théoriques, j'ai la flemme de ressortir mes fiches d'éco qui sont mélangées avec mes partitions et mes factures EDF, le tout sur le canapé.

4) Voir le 3 : j'ai la flemme ! Je ferais l'effort, mais plus tard ;-)

5) On est d'accord : pourquoi filer tout ce pognon aux banquiers ? Ça les pousse à recommencer leurs conneries...

6) Arg je n'ai jamais dit qu'il fallait être protectionniste ! C'est justement parce qu'il ne faut pas l'être que ces plans sont voués à l'échec !

7) Le libéralisme est un système politique. Mais c'est également une branche de la pensée économique. Il faudrait en effet que je développe, la France a bien besoin que je lui explique un peu tout ça !

Enfin, la plupart des dirigeants de droite n'ont jamais été libéraux. Ils ne renient donc rien du tout !

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