dimanche 17 mai 2009

Psychanalyse du clivage

Une bonne phrase trouvée chez h16 : « on notera que la gauche prône plus d'état mama, et la droite plus d'état papa ». Que c'est bien dit ! Que c'est juste !

À gauche, on veut une maman qui nourrisse, protège, qui donne le sein quoi. Lorsqu'on se sent abandonné par la vie, maman est là, elle veille sur nous. Et puis, elle est gentille maman, elle ne donne pas de fessée. Si on fait des bêtises, on est grondé, mais pas trop fort.

À droite, on a besoin d'un papa, qui lui, inflige des fessées. À droite, on respecte l'autorité de papa, et on veut que les petits voyous, pas sages, soient châtiés par lui comme il se doit. Et ceux qui sont pas bons à l'école, tous les loosers, ils ont qu'à se débrouiller. Papa doit nous apprendre à nous débrouiller tous seuls.

Mais ce n'est pas tout, car les gens de gauche ont aussi un papa, et les gens de droite une maman. C'est ici que la relation est davantage œdipienne.

À gauche, on a des problèmes avec papa. On a rejeté son autorité, on l'a tué... en apparence. En réalité, l'image de papa est toujours là, et l'État fait l'objet d'un transfert, devient le papa contre qui on se rebelle. Alors on manifeste, pour montrer à papa qu'on peut lui tenir tête. Parfois, on le titille, on lance quelques pavés pour se dire qu'on en a une paire entre les jambes.

À droite, c'est avec mama qu'on a des soucis freudiens. La mama si douce et tendre, mais qu'on ne peut avoir pour soi parce que c'est la femme de papa, et qu'on respecte papa. Alors on idéalise maman, on la personnifie [1]. Elle devient cette nation chérie, aimée de tout son corps, pour qui on mourra sans rien attendre en retour.

Comme dimanche est la journée des citations, je ne peux m'empêcher de vous renvoyer à Bastiat :
Au fait, l'État n'est pas manchot et ne peut l'être. Il a deux mains, l'une pour recevoir et l'autre pour donner, autrement dit, la main rude et la main douce. L'activité de la seconde est nécessairement subordonnée à l'activité de la première.


[1] Voir De Gaulle dans ses mémoires : « Ce qu'il y a en moi d'affectif imagine naturellement la France, telle la princesse des contes ou la madone aux fresques des murs ».

6 commentaires:

Didier Goux a dit…

Vous oubliez de préciser que la maman est en train de triompher sans partage. Même la droite en arrive à renier le père, au profit de la grande nurserie généralisée.

Paul a dit…

Ah ? Vous voulez plus de papa et moins de mama ?
Vous êtes de droite :)

Didier Goux a dit…

Possible, après tout...

LOmiG a dit…

Oui c'est bien vu...

Merci pour le lien, au passage.

Ce qui est triste, c'est de se dire qu'un être humain ADULTE, justement, se passe à la fois de père et de mère pour vivre. Il n'en a plus besoin. C'est ce qu'on appelle voler de ses propres ailes, ou être autonome.

Ce qui ressort de ton billet, c'est qu'une majorité de gens ne sont pas ADULTES. QU'ils aient encore besoin d'un père ou d'un mère.

Mais l'analyse est un peu simpliste : la fonction de la Loi n'est pas de remplacer le père. Ni symboliquement, ni concrètement...

Paul a dit…

@ Didier : un petit tour sur le divan pourrait vous en apprendre davantage...

@ Lomig : C'était à moitié pour rire, mais c'est vrai qu'il y a un fond de vérité dans tout ça !

Yann Leroux a dit…

Mouis, bon... "papa" et "maman" sont plus des constructions sociales que des réalités biologiques ! Et pour ne pas renvoyer tout le monde dos à dos, je dirais que les papas et les mamans protègent et nourrissent chacun a leur façon.

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