dimanche 7 juin 2009

Dimanche de vote

Quel papier choisir pour entrer dans l'isoloir ? Lequel plier en quatre et insérer dans l'enveloppe ? C'est la question que je me suis posé cet après-midi une fois arrivé au bureau de vote. Je pensais voter Modem, mais la dernière sortie de François Bayrou m'en a dissuadé. J'ai donc voté pour Francis Lalanne, pour faire plaisir à ma mère dont c'est la fête aujourd'hui.

L'UMP a largement gagné cette élection, quoi qu'en disent certains esprits chagrins.
Normal : c'est le seul parti crédible dans ce pays. L'UMP a les circuits bien briqués. Les luttes de pouvoir se règlent plutôt discrètement, et les cadres du mouvements sourient ensemble et soudés sur la photo de famille. Point de querelle idéologique, car à l'UMP, on ne pense pas, on agit. Think small, act big, c'est ce que fait la droite au pouvoir, et c'est pour cela qu'elle est au pouvoir. Malgré les critiques fortes qui pourront être faites à l'encontre de la politique du gouvernement actuel, il faut finalement se réjouir que Sarkozy et sa machine à gagner les élections soient au pouvoir. Le PS au pouvoir, ça vous fait pas peur ? Moi, si.

Et justement, le PS s'est vautré aujourd'hui et va devoir ressortir des cartons mitterandiens l'oeuvre de Machiavel : la politique c'est l'art de prendre le pouvoir, et de le conserver. Comment prendre le pouvoir pour nos amis socialistes ? Il faudra rassembler en 2012 tous les opposants à la politique de Nicolas Sarkozy en draguant à la fois les excités à sa gauche et les lili-bobos à sa droite.

La fusion idéologique étant impossible, la solution se trouve dans un virage au centre-gauche, qui pourrait passer par une alliance avec le Modem. Le calcul est enfantin : se déplacer vers le centre permet d'y grapiller des voix pouvant être draguées par la droite, au contraire de celles d'extrême gauche qui, au second tour, seront de toute façon acquise. Et de toute façon, le parti socialiste, une fois au pouvoir, ne mène pas une politique très à gauche, malgré les programmes fumeux qu'il développe. Le gouvernement de 1981 a assez rapidement arrêté de jouer les bolcheviks. Celui de 1997 entreprenait, sous les yeux de ses ministres communistes, des privatisations.

Je vais arrêter de parler d'aggiornamento, on va croire que ça m'obsède. Non, je suis juste triste de l'état de la politique française. Sans programme crédible, le PS n'est pas un opposant. Sans opposant, la droite à le champ libre. Pour le meilleur et pour le pire. Surtout le pire. « Il falloir combien de 21 avril au PS pour qu'il se réveille ? », dit Rubin Sfadj sur twitter. Je plussoie.

À part ça, je suis toujours navré de la place que prennent les partis extrêmes dans les résultats électoraux. Des partis qui à l'opposé de l'UMP, pensent beaucoup, et mal, mais n'agissent pas. Ils n'ont aucune envie de construire quoi que ce soit. Alors, à quoi bon leur donner des voix ?

Si un jour tu pointes ton nez vers l'extrême
N'oublie pas que les hommes sont fous
D'elle comme d'une cigarette
La république, ça se roule sans filtre, c'est tout
Elle se consume sans en avoir l'air
Ne crie pas sa douleur chez nous
Tu sais, la république a ses valeurs
On ne peut les apprendre d'un coup
Alors si tu pointes ton nez vers l'extrême
S'il te plait, rejoue


(Luke, Dimanche de vote)

2 commentaires:

Mathieu L. a dit…

Salut,

Oui, tu as raison, les gens votent UMP et ce parti est solidement installé, mais uniquement parce qu'il n'y a rien de crédible en face.

Or, ce que montre justement ce scrutin, à mon sens, c'est plutôt l'inutilité pour le PS d'aller draguer au centre mais au contraire de se rallier aux écologistes et au Front de Gauche. Si on classe le Modem à droite, on arrive à 50-50. Il y a donc une majorité possible.

Par contre, d'accord avec toi : Bayrou a fait une campagne mauvaise, et ses éclats des derniers jours lui ont vraiment coûté cher...

Paul a dit…

Mouais je reste convaincu que le courir après l'extrême gauche est le meilleur moyen d'assurer la réélection de Sarkozy.
En tout cas, pour ma part je voterai Sarko si le PS ne met pas les choses au clair genre "l'interdiction des licenciements est une énorme fumisterie populiste".
Mais je n'y crois pas trop. Les gens "de gauche" sont complexés par rapport aux excités communistes qu'ils voient comme des gens vraiment indiscutablement de gauche, donc vraiment très gentils.

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