Un avion s'écrase, 228 morts : une semaine de gros titres.
Le paludisme, 5,000 morts par jour (estimation basse), pour la plupart des enfants : un gros titre tous les ans (estimation haute).
Je comprend que les français aiment bien être informés lorsqu'un de leurs compatriotes meurt à l'autre bout du monde, car le français s'identifie au français, il ressent de l'empathie. Un tel accident d'avion endeuille la France toute entière et le gouvernement se sent obligé de prendre des airs sérieux et chagrinés. Je suppose que c'est pareil ailleurs.
Je comprend également la lassitude qui les gagne devant les malheurs de l'Afrique, qui ont le défaut de ne pas se renouveler, de ne pas innover, et se condamnent à l'oubli médiatique.
Et puis, un africain de quatre ans qui crève sur une paillasse pourrie, c'est normal, c'est dans les mœurs de là-bas. Un avion qui s'écrase, par contre, c'est particulièrement de mauvais goût. Au prix où sont les billets !
5,000 morts par jour. Vous imaginez : 20 airbus remplis de petits CE2 français qui s'abîmeraient quotidiennement dans l'océan. Dix-mille parents en pleurs squattant le terminal, mais devant dégager à minuit pour faire place à une nouvelle myriade de parents en pleurs.
Ça aurait une autre gueule que notre petit accident d'airbus tous les 5 ans...
Continuons donc de nous questionner sur la sécurité en avion. C'est important.
Leur contribution au débat (être français)
il y a 1 heure
7 commentaires:
Trop vrai...
Non, vous passez à côté du sujet, je crois. Mais il est tard : je repasse demain...
Hélas, ce qui fonde la différence de traitement — et d'impact émotionnel —, c'est le caractère soudain, inattendu et propice à l'empathie de la catastrophe.
Le drame du paludisme, si on est au courant, on s'y est habitué. "J'y pense et puis j'oublie", comme dit la chanson. Mais un accident d'avion, surtout quand l'appareil disparaît purement et simplement, c'est un choc violent pour l'esprit et pour le coeur. Et contrairement au paludisme, ça pourrait arriver à n'importe qui.
L'empathie ne vient pas spécialement de la nationalité d'une partie des victimes, mais bien du fait que l'individu moyen devant sa télé se dit : "merde, moi aussi je prends parfois l'avion ; moi aussi j'aurais pu rentrer du Brésil sur ce vol." De ce constat naît une authentique terreur — plus qu'une tristesse, plus que de la colère — qu'il est impossible de ressentir, assis devant sa télévision en France, à l'évocation du paludisme.
Oui, mais non. Ce n'est pas parce qu'il y a plus de morts à d'autres endroits que je n'ai pas envie d'être touché par cette catastrophe...
Non, pas envie de compter, de comparer, les morts, et l'émotion qu'il y a... Non.
Bonne journée
Cynisme : peut-être une question de pouvoir d'achat qui disparait.
un blog de plus dans roll list.
Merci pour vos commentaires. Il ne s'agissait pas de comparer des douleurs, mais des impacts médiatiques. Qui conditionnent les décisions politiques.
Merci de ta bonne analyse Rubin, les médias sont-ils des feuilletons TV dans lesquels il faut s'identifier aux personnages ?
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